Les moteurs de recherche deviennent durables
Par Gregoire Macqueron le mercredi 30 juillet 2008, 13:44 - Environnement & Développement durable - Lien permanent
Ere de l'information et ère du développement durable. Les internautes sont désormais friands de haut débit, affamés d'informations et, de plus en plus, conscients de leur impact environnemental.
Des moteurs de recherche dits écologiques se sont donc multipliés depuis 2007. Comment ces initiatives transforment notre poste informatique et notre navigation en actes responsables et solidaires ?
Essentiellement, trois approches sont pratiquées pour « verdir » l'usage des moteurs de recherche : Réduction des émissions de CO², financement de causes solidaires et apport d'informations dans le domaine du développement durable.
Il est amusant de remarquer en passant que la plupart de ces sites sont déclarés comme étant les « 1ers moteurs écologiques » ; )
Si ces moteurs « verts » fleurissent, il semble qu'il y ait encore peu d'informations synthétiques sur cet engouement et sur leurs effets réels. Tout au plus circulent des mails et des billets au sujet d'un nouveau « 1ers moteurs écologiques ».
Voyons donc de plus près ces fameux moteurs écolos.
Les moteurs qui s'attaquent au thème de l'énergie
Ces moteurs se sont orientés vers la réduction de la consommation énergétique et de ses conséquences en termes de CO² libéré. Pour cela, deux moyens sont mis en place, parfois en synergie.
Tout d'abord, il y a les fameux « Black Google ». Ces moteurs de recherche sont basés sur la personnalisation de Google et le coût énergétique de l'affichage de certaines couleurs (un petit comparatif est présenté ici). En clair, ce sont des Moteurs de recherche qui apparaissent noir à l'écran.

En voici deux exemples : Blackle et Google Black.
Selon Mive.fr, un autre « moteur noir » : « Ecoiron, un blog animé par des militants de l'informatique écologique, estime qu'une page blanche consommerait 74 watts contre 59 watts pour une page noire [...] ne concerne que les écrans à tubes cathodiques. ». Voilà, c'est bien là que le bat blesse, actuellement, les écrans cathodiques (CRT) ne représentent plus que 25% du marché (2007). Voir à ce sujet la réplique de Google.
L'initiative reste cependant louable et peut être complétée par la deuxième option : la compensation des émissions de carbone.
C'est le cas d'une initiative britannique : CarbonNeutralSearch.
Ce moteur propose en effet, en sus d'une version black, de compenser au moins 300 g de CO2 par recherche, soit la quantité moyenne de CO2 émise d'après leurs calculs. Cette compensation se fait en investissant une partie de leurs revenus dans l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la reforestation via Climate Care et Carbon Fund.
Dans la même veine, Ecocho, une entreprise australienne basée sur Yahoo ! compense 1 tonne de CO2 pour 1000 recherches effectuées (soit 2 arbres plantés). Leur crédo : « vous chercher, nous plantons des arbres. Remarque : existe aussi en version « Black ».
Ecoogler est assez similaire.
Les moteurs qui redistribuent :
D'autres moteurs de recherche ont choisi d‘utiliser les fonds générés par leur fréquentation et les publicités pour soutenir des projets, des organismes solidaires ou environnementales.
C'est le cas de Doona.fr, basé sur le moteur européen Exalead, qui reverse 100% de ses revenus (2 € / 1000 recherches). Etikoo, basé sur Google, fait de même.

De son côté, la fondation des nations unies a lancé Planete.way2.be (basé sur Google).Il affiche le total des dons par jour.
On peut encore citer Veosearch (basé sur Yahoo !, Exalead et Ask ), une initiative française ou encore Hooseek (basé sur Google, Yahoo ! et Live) qui reversent tous deux 50% de leurs revenus aux associations choisies par les internautes.

Les spécialistes des ressources en développement durable
Enfin, certains moteurs sont spécialisés dans les sites et blogs référencés qui traitent de l'environnement et du développement durable. Ils proposent souvent des services « verts » en plus comme le calcul de l'empreinte écologique, les actualités environnementales ou encore de la publicité pour des écoproduits.
Deux exemples parmi un grand nombre : Webecolo en français et Greenona (USA).

Mais, est-ce que ça vaut les moteurs classiques ?
La plupart de ces moteurs de recherche fonctionnent en partenariat avec les grands moteurs de recherche usuels (Google, Yahoo !, voire Exalead). Les résultats obtenus sont donc assez similaires. Ils diffèrent tout de même car ils n'ont pas l même fréquentation et que cela influe sur les résultats des recherches. Je ne pas vraiment vous en dire plus car je ne connais pas bien ce sujet.
En revanche, les moteurs spécialisés dans le développement durable se limitent aux ressources signalées en tant que telles. Ils sont donc restreints au contenu de ces ressources et à leur référencement.
Et la transparence dans tout ça ?
C'est bien beau tout ces engagements, mais qu'en est-il réellement ?
Plusieurs moteurs de recherche affichent sur leur page d'accueil les dons effectués ou le nombre d'arbres plantés (Veosearch, Planete.way2.be, Ecocho). D'autres vont plus loin, en présentant des certificats de compensation carbone ou d'arbres plantés à l'appui, (cas d'Ecoogler). Enfin, les partenaires peuvent venir apporter une caution morale à ces initiatives. Le Ministère de l'Environnement, du Développement et de l'Aménagement Durable (MEDAD) de la sorte Veosearch d'une dédicace.
Il est à noter que Hooseek refuse d'afficher un compteur individuel pour ne pas inciter à de fausses recherches.
Conclusion
Les solutions présentées ici permettent facilement de s'engager dans une informatique un peu plus durable. C'est d'autant plus facile qu'il est possible de les installer en page d'accueil et de les intégrer dans la barre de recherche du navigateur en tant que moteur par défaut. Personnellement, j'utilise par défaut Doona et je bascule sur Google lorsque j'effectue des recherches plus poussées et que Doona devient insuffisant.
A l'aide de ces moteurs de recherche, l'usage d'internet devient un moyen d‘action engagé et contribue, modestement, à une démarche durable plus générale.
En bref, les moteurs de recherche durables sont un outil d'application du fameux « Penser global, agir local » au service d'une informatique durable : simple, gratuit et écologique.
Il est possible d‘aller plus loin dans une pratique durable de l'informatique en utilisant une gestion adéquate de l'énergie (luminosité, veille, « courant fantôme ») et en adoptant une stratégie d'achat responsable (matériels économes, peu polluants, etc.).
Que pensez-vous de l'intérêt de cette initiative ? D'autres idées pour une informatique durable ?
Sources (entre autres):
Blog de Laurence :
Zorgloob, sur le coup de pub de Blackle.





Commentaires
Excellent récap. Effectivement ce genre de moteurs se multiplient, c'est une bonne chose. Il ne leur reste qu'à fidéliser leur public...